Histoire

Montpeyroux

Situé au pied des Grands Causses calcaires, à la naissance d’une plaine alluviale, Montpeyroux bénéficie depuis toujours d’une situation géographique privilégiée. Le village s’est notamment développé au croisement de deux voies permettant de relier la plaine aux plateaux.

Des origines anciennes

La présence humaine sur le territoire de Montpeyroux remonte à des temps très anciens. Des dolmens et des menhirs, découverts dans la partie nord de la commune, témoignent de l’installation de populations dès la Préhistoire.

L’époque romaine a également laissé son empreinte. Les deux principales parties du village portent des noms hérités de cette période : Adicianum, devenu La Dysse, et Amelianum, aujourd’hui La Meillade.

Au fil des siècles, Montpeyroux s’est trouvé sur plusieurs axes de circulation importants. Le village se situait notamment sur l’un des chemins empruntés par les pèlerins en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle, mais aussi sur la route du sel et celle des transhumances.

Un village-rue protégé par le Castellas

Montpeyroux présente une organisation caractéristique de village-rue, avec des maisons ouvrant directement sur la rue principale.

Contrairement à de nombreux villages de la région, le cœur du village ne possédait pas directement de fortifications. Sa protection était assurée par le Castellas et les fortifications du Rocher des Vierges, qui dominent encore aujourd’hui Montpeyroux.

Vers la fin du XVIIe siècle, une halle couverte fut construite au centre du village. Une horloge vint compléter cet ensemble environ un siècle plus tard. Avec l’église, la mairie et la place du marché, La Dysse devint progressivement le centre de la vie du village.

Un patrimoine architectural préservé

De nombreuses maisons témoignent encore du Montpeyroux des XVIIe et XVIIIe siècles.

Parmi les éléments caractéristiques de l’architecture locale figurent les génoises, ces rangées de tuiles disposées sous les toitures et visibles depuis la rue. Leur nombre pouvait autrefois témoigner du niveau de richesse du propriétaire : cinq rangs constituaient généralement un maximum et étaient associés aux demeures les plus aisées.

Agriculture, commerce et savoir-faire

Au cours des siècles, la population de Montpeyroux a connu différentes périodes de croissance et de recul, au rythme des guerres, des maladies et des difficultés agricoles.

En 1709, un hiver particulièrement rigoureux détruisit une grande partie des oliviers du Languedoc. Il fallut plusieurs décennies pour retrouver une production d’huile importante. La région fut également confrontée à une surproduction de vin entraînant une chute des prix. Certains propriétaires choisirent alors de transformer leurs excédents de vin rouge en eaux-de-vie.

Montpeyroux disposait cependant d’une économie relativement diversifiée. Dans son ouvrage Les Paysans de Languedoc, l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie évoque ainsi Montpeyroux comme un « village de producteurs d’huile et muletiers convoyeurs de rhubarbe ».

Le vert-de-gris, une activité autrefois importante

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la production de vert-de-gris, un dérivé du cuivre, occupait une place importante dans l’économie montpeyrousienne.

Utilisé comme pigment pour les teintures, notamment dans l’industrie textile présente dans la vallée de la Lergue, il servait également au calfeutrage des navires et faisait l’objet d’un commerce avec l’Angleterre et la Hollande.

Au XIXe siècle, le vert-de-gris fut aussi utilisé pour lutter contre certaines maladies de la vigne, comme le mildiou. Sa fabrication relevait largement d’une activité domestique, souvent réalisée par des femmes dans les caves des habitations, dans des conditions difficiles. Cette activité permit néanmoins à certaines familles du village de s’enrichir.

La vigne au cœur de l’histoire de Montpeyroux

L’ouverture de nouvelles routes contournant Montpeyroux porta un coup au commerce local. Quelques décennies plus tard, l’arrivée du chemin de fer favorisa cependant l’activité viticole, devenue essentielle à l’économie du village.

Dans les années 1870, le vignoble fut durement touché par le phylloxéra et le mildiou, provoquant d’importantes difficultés pour les petits propriétaires.

La viticulture montpeyrousienne connut un nouvel essor au cours de la seconde moitié du XXe siècle. La création d’une nouvelle cave coopérative, l’introduction de nouveaux cépages – notamment la Syrah –, l’amélioration de la qualité des vins et leur reconnaissance en Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) contribuèrent au renouveau du vignoble.

Aujourd’hui, la cave coopérative et les nombreux domaines viticoles de Montpeyroux participent pleinement à la renommée du terroir, en France comme à l’international.

Saint-Étienne-les-Bains et sa source

À quelques kilomètres du village, près du hameau de Saint-Étienne-les-Bains, une source attira dès le début du XXe siècle des visiteurs venus profiter des bienfaits qui étaient alors attribués à ses eaux.

Aujourd’hui encore, une belle fontaine en pierre rappelle cette histoire et permet d’accéder facilement à l’eau de la source.

De la Préhistoire à la viticulture contemporaine, des chemins de transhumance au Castellas, Montpeyroux s’est construit au fil des siècles autour de son territoire, de ses savoir-faire et de ses habitants. Un patrimoine et une histoire qui continuent aujourd’hui de façonner l’identité du village.

Montpeyroux : les chemins de l’histoire

 

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