L’AOC Montpeyroux est née après 30 ans de gestation
Jérôme Mouillot Midi libre du
Un long chemin vers la reconnaissance.Photo Vitinova – Photo Vitinova
Officialisée le 12 février 2026, l’AOC Montpeyroux rejoint les appellations communales françaises. Une consécration pour les 16 domaines et 19 coopérateurs engagés depuis trois décennies dans la reconnaissance de ce terroir du Languedoc.
Les vignerons du cru attendaient cela depuis des décennies. L’AOC Montpeyroux est née le 12 février 2026 après 30 ans de gestation. Le Syndicat des vignerons de Montpeyroux vient de dévoiler le faire part de naissance : l’officialisation de l’AOC Montpeyroux, cru du Languedoc. En son nom propre, l’AOC Montpeyroux rejoint ainsi la grande famille des appellations communales françaises et devient la toute dernière Appellation d’Origine Contrôlée du Languedoc. « La gestation a été assez longue. Mais le bébé est beau », savoure François Baudou, Président du syndicat du cru, qui est l’un des artisans de cette reconnaissance.
Un patrimoine historique, un collectif humain
Pour le président, cette reconnaissance met à l’honneur une production qui a ses propres atouts : « des atouts techniques, le territoire, la qualité des sols, des vins, l’encépagement, le type de production et au final : la qualité et la constance dans la qualité des vins produits. C’est aussi le groupe de vignerons qui a travaillé depuis de longues années avec unité et c’est l’histoire d’un village tourné autour de ses vins, de sa culture. Une appellation c’est tout cela à la fois : un patrimoine historique, un savoir-faire technique, un terroir et surtout, un collectif humain. C’est une identité assez forte sur des vins qui ont un caractère languedocien ».
Des appellations rares dans la région
Avec cette appellation, Montpeyroux entre dans le club très serré des appellations communales : « à ma connaissance, dans l’ancienne zone coteaux du Languedoc, nous sommes les premiers sur cette appellation à trois niveaux*. Nous sommes peu nombreux dans la région. Mais cela est davantage développé sur d’autres régions : Gigondas, Châteauneuf, Vacqueyras, sans parler de la Bourgogne… »
« Cela fait du bien au moral des troupes »
Concrètement, coté production, cette reconnaissance « ne va pas changer grand-chose car les vignerons avaient déjà la volonté de s’appliquer les critères techniques depuis déjà quelques années. » En revanche, l’appellation change « le regard que les vignerons peuvent porter sur leur travail, c’est une reconnaissance qui fait du bien au moral des troupes et à la fierté des vignerons. Cela fait aussi évoluer la légitimité et le discours que l’on peut avoir en termes de présentation et de reconnaissance à l’extérieur : commerciaux, opérateurs… Cela va changer aussi la protection du nom et la défense de l’identité Montpeyroux et la protection du nom à l’international, ce qui est aussi important. » Les prochaines vendanges pourront consacrer une reconnaissance à déguster… en 2027.
Un long chemin
Certes, le chemin fut long : « Montpeyroux a été VDQS (Vin délimité de qualité supérieure) en 1955, puis appellation avec Languedoc en 85. Assez vite, les gens ont souhaité retrouver l’appellation spécifique Montpeyroux. Cela s’est concrétisé par ce choix et une première rencontre avec l’INAO*, en 1996, qui laissait penser que le dossier avait des atouts… », raconte-t-il. Au niveau des institutions, les réflexions se sont ensuite davantage portées sur la hiérarchisation et l’organisation du Languedoc. « Effectivement le dossier du communal n’était pas forcément prioritaire. Les choses se sont décantées et accélérées avec l’avènement des Terrasses du Larzac en 2014 qui permettait de travailler sereinement à une appellation communale au cœur du secteur des Terrasses. »
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